L'inquisition… A partir du XIIe siècle ce simple mot faisait trembler les plus braves ! En effet sous la simple dénonciation d'un voisin ou d'un proche, on était soumis à cette institution pour avouer son hérésie. Mais pourquoi tant de haine ?
L'église a créé l'Inquisition (du latin « inquirere » : s'enquérir) pour traquer les hérétiques Cathares. Les Cathares est une secte qui prenait le Bien et le Mal comme principes fondamentaux de l'univers, à la fois égaux et contraires en plus d'allier des éléments du Christianisme et du Bouddhisme. Le nom « Cathares » vient du grec « Katharos » ce qui signifie « pur » : la secte préconisait une absolue pureté de mœurs. L'hérésie est donc une opinion contraire à la doctrine catholique et c'est pourquoi l'Église ne peut se permettre une telle « concurrence ». De plus le catholicisme est décrétée religion d'État depuis le IVe siècle. L'hérétique, qui prêche ainsi contre la religion d'état est considéré alors comme ennemi d'état.
Si l'Église lutte contre l'hérésie cathare depuis 1179 (date du Troisième concile de Latran) L'inquisition débute réellement en 1233 avec la bulle papale « Ille Hurmani generis » qui confie l'Inquisition aux frères prêcheurs dominicains et franciscains (voir l'article sur les ordres mendiants ). Les tribunaux étaient composés chacun de deux inquisiteurs aux mêmes pouvoirs. Ceux-ci étaient aidés dans leur fonction par des assistants, des notaires et des conseillers laïcs… Leur méthode de travail est toujours la même : arrivés dans une ville ou un village, l'un des inquisiteurs faisait un sermon contre l'éréthisme et encourageait la dénonciation (l'anonymat garantissait la protection du dénonciateur.). Une vague rumeur suffisait ou pire une dénonciation par simple ressentiment contre un voisin et le mécanisme était en marche : arrestation (sans l'assistance d'un avocat) et tortures pour extorquer des aveux. Mais... contrairement à la rumeur populaire l'accusé n'était pas d'office torturé. En effet les tortures (approuvées par le pape Innocent IV à partir de 1252) n'étaient qu'une partie de l'interrogatoire qui lui aussi était codifié strictement par l'Église.
Tout d'abord, l'accusé n'a aucun contact avec l'extérieur, il est seul, face à l'inquisiteur qui lui pose sans cesse des questions. Il subit une énorme pression psychologique car la plupart du temps il ne sait même pas de quoi il est accusé ! Après avoir été brisé moralement, il était mené au tribunal : l'accusé prenait connaissance de l'acte d'accusation et des témoignages fournis contre lui. Et là, il pouvait réellement se défendre : pour être condamné le tribunal devait recueillir deux témoins « parfaits et concordants ». En fait chaque témoin est considéré comme « imparfait » mais prenait une part plus ou moins importante dans un témoignage parfait selon la crédibilité dudit témoin. Évidemment, l'accusé, s'il avouait, comptait comme témoin contre lui-même.
S'il était reconnu coupable et qu'il niait, il subissait alors la « question » : pendant une demie heure il était torturé. Les techniques ne manquaient pas : membres brûlés, ingestion d'eau, torsion des membres, pendaison par les mains liées dans le dos, (l'accusé était soulevé dans les airs et était redescendu par à-coups causant des douleurs immenses.), torture au chevalet (les membres étaient étirés)… Pourtant malgré cette séance, l'accusé persistait parfois à nier sa culpabilité alors on éliminait l'équivalent d'un témoin.
Si l'accusé était innocenté il était relâché. S'il avouait et rétractait sa foi d'hérétique il était alors « réconcilié » ses biens sont confisqués mais il fait de nouveau partie de l'Église Catholique. S'il était condamné et qu'il refusait de rétracter sa foi alors le bûcher l'attendait. Au mieux c'était la prison à vie dans les Murs ou la « Mure » et l'exécution du jugement était menée par les institutions laïques. Enfin, si le tribunal ne parvenait pas à apporter les deux témoins parfaits, l'accusé était relaxé non sans avoir sur lui une "suspicion d'hérésie". Il devait alors s'acquitter d'une amende ou de travaux de galère, il pouvait même recevoir des coups de fouet.
L'Inquisition fut créée à la base contre les Albigeois et les Vaudois mais son efficacité et la terreur qu'elle répandait était telle qu'elle fut aussi employée contre d'autres groupes hétérodoxes et contre bien sûr les sorcières et tous représentants des cultes païens (voir pour plus de détail l'article sur la Sorcellerie au Moyen Age.). Mais malgré la fin des cathares et le ralentissement des activités de l'Inquisition celle-ci perdurera jusqu'en 1843, date du dernier texte officiel abolissant définitivement cette institution.
Texte recopier sur le forum des chevalier sans terre